Si vous êtes en quête de sens, vous serez peut-être intéressé par la lecture du dernier livre du neurologue Sébastien Boher « Où est le sens? » paru aux Éditions Robert Laffont en octobre 2020. Il y analyse nos conflits internes qui se produisent lorsque nos actions ne correspondent pas à nos valeurs. Vous aurez un aperçu de ce livre en écoutant cette entrevue de l’auteur ou bien en en lisant  la retranscription ci-dessous:

« Ça vous est peut-être déjà arrivé au travail de vous dire, mais qu’est-ce que je suis en train de faire ici,  ce que je suis en train de faire là, ce que je suis en train de raconter au client, ou le produit que je suis en train de produire, ne correspond plus du tout à mes valeurs. Si vous ressentez ça, c’est parce qu’au fond de votre cerveau, il y a un organe qui s’appelle le cortex cingulaire antérieur qui est juste à la jonction de vos deux hémisphères cérébraux, qui vous vient du fond des temps, qui a été transmis par l’humanité jusqu’ici et qui cherche du sens et de la cohérence en permanence. Et dès qu’il ressent des contradictions internes de ce type-là, par exemple une dissonance cognitive entre vos valeurs et vos objectifs et vos actes, à ce moment-là, vous soumet à une situation d’anxiété, de mal-être, d’interrogation profonde sur le sens de votre existence, et le grand danger, c’est qu’elle nous démobilise, qu’elle nous amène sur la perte de motivation, sur la dépression et sur les conflits internes.

À chaque fois que j’ai l’impression que ma vie n’a pas de sens, que je n’arrive pas à me projeter dans mon avenir, je ressens une situation d’incertitude et de perte de contrôle. Et ça, mon cortex cingulaire ne le supporte pas, donc il va chercher à récupérer du contrôle par plein de petits gestes qu’on peut faire autour de nous : ça peut être visionner des séries télévisées, car je retrouve en fait le contrôle sur tout un univers qui est parfaitement balisé, dont je connais les codes et puis je peux le lancer quand je veux, l’arrêter quand je veux.  Ça peut même être se retourner vers des drogues. Dès lors qu’on se jette vers ces micro-certitudes, on anesthésie notre cortex cingulaire, on comble ponctuellement le manque de contrôle mais on oublie complètement que les grands enjeux à long terme de nos existences ne sont toujours pas résolus, et donc, le problème va ressurgir. Pour trouver du sens dans nos vie personnelles et en groupe, il y a trois points fondamentaux à adresser :

1.  ÊTRE EN ACORD AVEC SES CHOIX

Ça prend une forme très simple, c’est-à-dire il faut s’interroger sur le lien qui existe, l’alignement entre ce que je suis au fond de moi, mes valeurs, mes préférences, mes goûts, et ce que je fais, l’orientation que j’ai prise dans ma vie, et typiquement, l’orientation professionnelle. Quand je suis à mon bureau et que je me dis, je veux trouver du sens, il faut que je me demande, est-ce que ma mission, est-ce que mon impact sur le monde, est-ce que mon impact sur les clients, est-ce que ma relation à mes collègues ou à mes supérieurs correspondent à ce qui compte le plus pour moi, au fond de moi, dans mes convictions ?

2.  S’INTÉGRER À UNE COLLECTIVITÉ
Ça peut être de s’engager dans des mouvements d’action, que ce soit pour l’environnement, que ce soit pour des œuvres caritatives, et créer des liens avec les personnes qui sont engagées dans le même mouvement. Et échanger sur quel est le moteur de cette action, et voir si, quelque part, vous ne partagez pas les mêmes valeurs que votre voisin, que votre partenaire dans cette action collective. Car se rendre compte qu’on partage les mêmes valeurs fondamentales, c’est extrêmement rassurant car ça permet de compter sur l’autre dans l’ensemble de ses actions, de se dire qu’il ne va pas vous faire faux bond à tel instant, de se dire qu’il ne va pas faire d’un seul coup quelque chose qui est contraire aux missions du groupe. Et à ce moment-là, ça permet de construire dans la durée, et de se sentir épaulé par les autres. Et ça, c’est un puissant vecteur de sens.

3.  PARTAGER UNE VISION DE L’AVENIR
Depuis que la révolution industrielle a proposé aux humains de réaliser leur existence dans le confort personnel, ce monde a considéré que la question du sens était superflue. Ce monde que nous avons créé nous a juste simplement dit : tu seras heureux en consommant. Aujourd’hui on voit que cette promesse n’est pas tenue pour deux raison. La première, c’est que d’abord en agissant de cette façon, nous détruisons le monde lui-même, donc nous détruisons notre capacité à avoir un futur, mais en plus, ça ne nous rend pas heureux parce que ça ne nourrit pas une partie fondamentale de notre être qui est le besoin de cohérence et de projection dans le temps et dans l’avenir. Que faire aujourd’hui ? Quelle vision du monde pouvons-nous proposer qui fasse sens ? Nous sommes tous confrontés à un impératif et à un danger. Le danger, c’est la destruction de notre planète. L’impératif, c’est de mettre en place d’autres façons de vivre qui préservent cette planète. Il peut y avoir une vision du monde unifiée et partagée fondamentalement rassurante et qui rajoute un ingrédient fondamental qui est la dimension d’émerveillement. Une fois qu’on est capable de s’émerveiller sur le fonctionnement de l’univers et de la nature, il s’ensuit un état d’apaisement profond qui est observé jusque dans notre cerveau puisque l’état d’émerveillement devant les spectacles naturels grandioses qu’on peut rencontrer, là encore apaise notre cortex singulaire, cette partie de nous

Recevez mon infolettre

Recevez mon infolettre

Recevez directement dans votre courriel mes derniers articles et restez au courant de mes activités.

Merci pour votre inscription

Share This